L’écrivain français Alexandre Jardin tient-il, dans sa main, un outil numérique capable de remettre la démocratie au milieu du village gaulois ?
Sous l’impulsion de son fils Robinson et avec le concours technique d’Alexis Roussel, un spécialiste suisse de l'intégrité numérique, l’auteur de Fanfan promet, dans une vidéo publiée le 1er mai 2026, que les Français auront avant l'été « La démocratie dans leur poche » grâce à l’application Référendum citoyen qui est présentement en développement.
Le Mouvement Localiste du Québec ne pouvait pas passer à côté de cette intrigante proposition citoyenne…
La France, en route vers les référendums citoyens ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le citoyen Jardin (le père) n’a pas hésité à mettre les mains dans le cambouis politicien et il a eu raison de le faire. En 2025, il lance le mouvement Les #GUEUX pour dénoncer l’injustice sociale des Zones à Faibles Émissions (ZFE), une mesure gouvernementale qui pénalisait les travailleurs modestes ayant des véhicules anciens ou diesel.
En avril 2026, le Parlement vote la suppression de ces ZFE et le texte est adopté à l’Assemblée par 275 voix contre 225. Fort de cette initiative citoyenne couronnée de succès, le célèbre écrivain a décidé de s’attaquer à une faille du système démocratique français : l’absence de référendum.
Référendum de 2005 : la balafre sur le visage de Marianne

Selon la Constitution française de 1958, le recours au référendum est facultatif et les citoyens ne peuvent pas déclencher seuls un référendum national. En effet, seuls le Président de la République et le Parlement peuvent déclencher un référendum national, dans les conditions prévues par les articles 11 et 89 de la Constitution.
Résumons. Le peuple (demo-) a « théoriquement » le pouvoir (-cratie) d’exprimer son opinion grâce au référendum, mais dans les faits, il se contente d’élire ses représentants et n’a que très rarement accès à cet outil démocratique.
Les Français ne votent jamais, ils se contentent « d’élire leurs maîtres » comme le rappelle souvent l’intellectuel Etienne Chouard, pour qui la démocratie représentative ressemble assez à un oxymore.
« La différence entre une ploutocratie élective et une dictature, c'est qu'en ploutocratie élective tu élis avant d'obéir aux ordres, dans une dictature, tu perds pas ton temps à élire. », a écrit le spécialiste des ateliers constituants.
Rappelons que ce système est différent en Suisse et que les citoyens helvètes votent en moyenne quatre fois par an sur des sujets nationaux, et parmi ces votations, plusieurs sont des initiatives citoyennes (RIC).
Autre point historique important à mettre sur la table pour comprendre la légitimité de l’initiative d’Alexandre Jardin : la dernière fois que les Français ont été interrogés par voie référendaire, c’était en mai 2005. Ils avaient alors rejeté (54,67 % de « non ») le traité établissant une Constitution pour l’Europe, exprimant clairement leur refus.
Malgré cette expression démocratique très nette, le traité de Lisbonne de 2008, qui reprenait l’essentiel du texte rejeté sous une forme légèrement remaniée, a été ratifié par le Parlement seul, sans nouveau référendum. Cette séquence politique, qui a permis de contourner le vote populaire, a été qualifiée par beaucoup de déni de démocratie. Depuis le référendum 2005, c'est le vide référendaire.
Le référendum citoyen version 2026, c’est quoi ?
La proposition faite conjointement par Alexis Roussel, Alexandre et Robinson Jardin est simple : redonner au peuple français le pouvoir de décider en votant via une application sécurisée.
Ce caractère sécuritaire est d’autant plus important que 2024-2025 ont été des années record pour les fuites de données en France, on parle de dizaines de millions de Français touchés.
Les trois hommes ont donc décidé de lancer dans les prochaines semaines une application permettant aux citoyens de voter tout en protégeant leurs données personnelles grâce à la technologie Zero Knowledge.
Celle-ci permet de prouver que l’on remplit une condition (en l’occurrence avoir le droit de voter donc être majeur et Français) sans jamais transmettre ni révéler ses données personnelles (identité, adresse, numéro de Sécu…).
« Nous avons testé notre modèle dans les réunions de hackers, et ils le valident. [...] Une participation de plus d’un million avec un taux d’approbation de plus des deux tiers mettrait le législateur sous pression », a déclaré cette année Alexandre Jardin au Figaro Magazine.
Cette initiative citoyenne donnera-t-elle naissance en France à une nouvelle ère démocratique ? Nous allons suivre ça de près...
Laissons le mot de la fin au fils Jardin qui n'a pas la langue dans sa poche. Bon sang ne saurait mentir...
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