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Transit : et si notre santé commençait dans nos intestins ?

Transit : et si notre santé commençait dans nos intestins ?

Coach en alimentation fonctionnelle, titulaire d’une maîtrise en nutrition, Valérie Dussault a depuis longtemps compris que les modèles de santé proposés par nos sociétés modernes étaient loin d’être des panacées et que faire disparaître temporairement les symptômes d’une maladie était très différent d’identifier et de supprimer la cause de ces mêmes symptômes. 

Adoptant une approche hippocratique, pragmatique et intégrative, à la confluence des pratiques allopathiques et des solutions alternatives, cette experte en alimentation fonctionnelle qui n’a pas peur de déranger l’ordre établi, vient de sortir Transit : Une meilleure digestion pour une santé optimale, un livre qui nous amène à la rencontre de notre système digestif et nous explique les différentes façons d’en prendre soin.

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Valérie Dussault, experte en alimentation fonctionnelle


Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Pour redonner de l’espoir aux gens ! J’ai en effet remarqué qu’il y a une sorte de fatalisme en ce qui concerne les problèmes digestifs. Certaines solutions comme la chirurgie sont mises de l’avant et certaines pistes d’explications sont négligées dans le même temps. 

Quel genre de pistes ?
On oublie par exemple l’existence des bactéries, des levures, on néglige l’importance de l’alimentation qui peut littéralement créer un environnement favorable à l’apparition de levures en surcroissance, ce qui entraîne des infections. Ce que l’on mange a des conséquences très concrètes sur notre flore intestinale, ça va de l’inflammation à l'apparition de symptômes de dépression. Trop souvent le rôle des levures est négligé, les médecins disent que cela n’existe pas et que le problème est donc dans la tête des gens.

Comment présenter ce livre ?
Je l’ai écrit comme un guide que l’on peut garder sur sa table de chevet. Je prône l’autonomie et la responsabilisation. C’est à chacun de nous de prendre en main notre santé digestive.

C’est quoi la fausse croyance la plus courante en ce qui concerne le système digestif ?
Très souvent on pense que ce sont les aliments qui sont la cause de tous les problèmes alors que dans la réalité, c’est un problème de terrain. Cela dit, ce que l’on mange a évidemment aussi un rôle à jouer dans la santé intestinale. 

Nous vivons dans des sociétés qui importent tous les aliments à l’année longue et notre assiette se transforme donc en un véritable aéroport. Il y a un impact souvent négligé à manger de façon internationale. Malheureusement, on a fini par oublier des notions comme celle de la saisonnalité, on ne se nourrit plus en tenant compte de la disponibilité des aliments, ni de leur provenance. Idéalement, il faudrait manger de façon plus localiste, utiliser des circuits courts, s’approvisionner auprès de producteurs de nos régions. 

Comment en sommes-nous arrivés là ?
L’industrie alimentaire ainsi que les positions prises par les gouvernements concernant la santé ont joué un grand rôle. Si l’on prend un des exemples  les plus célèbres, celui du sucre, on comprend mieux les choses. Le scientifique américain Ancel Keys a joué un rôle majeur en popularisant l'idée fausse que les graisses saturées étaient le principal facteur alimentaire des maladies cardiaques.

Quelles ont été les conséquences ?
En blâmant les graisses animales, il a indirectement servi les intérêts de l'industrie du sucre qui a saisi l’occasion pour financer des recherches contestant le lien entre sucre et maladies cardiovasculaires. Résultat : on s’est retrouvé avec des produits transformés nocifs comme la margarine, le beurre étant identifié comme étant « méchant ». Et les gens ont fini par manger plus de sucre. 

En quoi les gouvernements sont-ils responsables ?
Les décisions prises par les gouvernements ont des conséquences bien réelles. Elles orientent par exemple la façon dont est agencée la fameuse pyramide alimentaire et son guide des recommandations. 

Ça bouge chez nos voisins Américain sur ce thème, c’est une bonne chose selon toi ?
Oui, Robert Kennedy Jr. fait un excellent travail en s’attaquant frontalement aux problèmes de santé publique et en proposant une pyramide alimentaire qui met notamment les légumes, les produits carnés et les bons gras tout en haut. Ce n’est pas encore le cas malheureusement au Canada. Nos instances devaient réviser le guide alimentaire pour 2025… on attend toujours !

Quelles conséquences y a-t-il quand on a un microbiote déséquilibré ?
Il y en a beaucoup mais on peut évoquer la baisse de l’immunité, l’apparition d’inflammation chronique ou encore le risque d’une contribution à des enjeux de maladies auto-immunes.

Pourquoi écris-tu dans ton livre «Je reconnais que certaines informations dans ce livre ne sont pas largement acceptées par le grand public et qu’elles feront l’objet de critiques. » ?
Disons que j’anticipe les éventuelles critiques car il existe de nombreuses options qui ne sont pas reconnues par ce qu’on appelle le consensus scientifique. J’évoquais tantôt les parasites dans l’intestin et les levures, mais il y a aussi la question des hormones par exemple. Chez la femme, on n’en tient presque jamais compte, on ne les mesure pas et on se contente de prescrire des antidépresseurs alors qu’il existe d’autres solutions. La réalité est que la qualité de notre terrain a diminué, on tolère de moins en moins les toxines. 

Que peut-on faire ?
Il est important de changer notre rapport à la santé. La santé, ce n’est pas uniquement quelque chose que l’on délègue à son médecin. La santé est avant tout une question individuelle et nous en sommes tous responsables. On peut apprendre à lire son bilan sanguin par exemple, à discuter avec son médecin, à ne plus avoir peur de lui dire non quand on ressent de la pression. Il faut travailler AVEC lui.

Se responsabiliser en somme ?
Oui. La santé, c’est un continuum. Il est important de prendre conscience de notre hygiène de vie, de s’interroger sur notre consommation de café, d’alcool, d’aliments ultra transformés ou de cigarettes. 

Comment parviens-tu à éveiller tes clients ?
Je cherche à leur faire obtenir un premier « effet wow ». Un petit changement, facile à mettre en place, comme prendre un peu de vinaigre de cidre de pomme avant le repas pour aider à la digestion. Quand les gens obtiennent ce premier wow, ils veulent aller à la prochaine étape et c’est alors un cercle vertueux qui se met en place. J’utilise par exemple des cétones exogènes, cela permet d’arriver en cétose plus rapidement, d’avoir une meilleure clarté mentale, de mieux récupérer et cela joue aussi sur la qualité du sommeil. C’est simple, quand on se sent mieux dans son corps, quand on est en bonne santé, on a beaucoup plus de motivation. 

Sommes-nous trop fermés aux solutions alternatives ?
Je pense que nous sommes d’une certaine façon conditionnés par le système de santé allopathique, mais qu’il a actuellement une vague d’ouverture d’esprit. L’autonomie en santé, c’est aussi oser de nouvelles choses : le jeûne, les bains froids, l’usage d’huiles essentielles etc. Il ne faut pas rejeter les pratiques alternatives sous prétexte que cela n’est pas soutenu par la science. Y a-t-il eu des études scientifiques pour établir notre guide alimentaire ? Non.

Rappelons d’ailleurs qu’il y a de la science derrière des pratiques comme le jeûne, le prix Nobel de médecine attribué au professeur Ohsumi pour ses travaux sur l’autophagie le prouve bien, mais que l’industrie n’attribue pas forcément des budgets conséquents pour de tels domaines.  
Effectivement. Je pense qu’il faut allier le meilleur des deux mondes, prendre les choses positives de la médecine allopathique comme l’urgentologie, les antibiotiques, les greffes ou encore la chirurgie, et intégrer des pratiques alternatives pour traiter toutes les maladies dites de civilisation (qui sont des conséquences de nos habitudes de vie) et contre lesquelles la médecine moderne demeure inefficace. 

Es-tu confiante dans l’avenir en matière de santé ?
Oui, mais il faut qu’il y ait un réveil de la population et qu’on retrouve certains savoirs ancestraux. Les premières nations détiennent un formidable savoir sur les plantes sauvages et les plantes médicinales. Toutes ces connaissances n’ont jamais été vraiment intégrées. 

Si tu étais Ministre de la santé, quelles seraient les trois premières recommandations que tu ferais pour améliorer la santé intestinale ?
Je recommanderais la consommation de viande rouge de qualité, une viande de pâturage élevée dans les meilleures conditions. J’encouragerais la production d’aliments pro-biotiques. Il est très facile de faire soi-même des bocaux de fermentation avec des légumes (carotte, betterave, chou concombre) qui deviennent des pro-biotiques, des alliés de taille pour la santé intestinale.  Enfin, je prescrirais à tous de la vitamine D à chaque hiver.  

TRANSIT : Une meilleure digestion pour une santé optimale de Valérie Dussault, aux Éditions Trécarré.

Livre 1

Livre 2

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Janie Vachon Robillard : la voix citoyenne qui défie le modèle éolien

Janie Vachon Robillard : la voix citoyenne qui défie le modèle éolien

C’est au début des années 2010, pendant la crise autour de l’extraction du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, que Janie Vachon Robillard a rejoint le Regroupement Vigilance Énergie Québec (RVÉQ), une OSBL dont elle est aujourd’hui responsable du dossier éolien.

Quand la région dans laquelle elle vit (Nicolet-Yamaska) est directement concernée par les appels d’offres éoliens de 2023, elle passe à l’action et lance Pour un choix éclairé (PCENY), un mouvement citoyen visant à ce qu’une démarche d’information et de choix collectif précède tout autorisation à ce projet très opaque. Son implication et celle des dizaines de membre du PCENY sera récompensée par la suspension du projet.

Les projets éoliens au Québec se multiplient et nombreux sont les comités citoyens à se former face à un manque de consultation démocratique, aux nombreux conflits d’intérêts dans les conseils municipaux et au manque d’information indépendante. Le Mouvement localiste du Québec a décidé de donner la parole à cette citoyenne engagée.

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Janie Vachon Robillard, responsable du dossier éolien pour le Regroupement Vigilance Énergie Québec (RVÉQ).

Quel est le problème avec le modèle éolien tel qu’il est proposé ?
Il y en a plusieurs. Il faudrait repenser entièrement le modèle éolien car celui que l’on nous propose actuellement n’est tout simplement pas au service du bien commun. C’est un modèle qui est censé aller dans le sens du développement économique pour les régions, mais dans la réalité, la grosse part du gâteau est réservée aux entreprises privées. Le partenariat avec les municipalités permet de diminuer les risques financiers des promoteurs. Hydro-Québec prend tous les risques reliés à la vente de cette énergie qui peut survenir à perte pour la société d’États et donc pour la société québécoise.1

Depuis le début du développement éolien, comment évolue la situation ?
Pas forcément dans le bon sens. Il faut bien avoir conscience qu’à cette époque-là, on parlait surtout de petits projets éoliens. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et on a désormais affaire à de très gros projets nécessitant des machines trois fois plus puissantes et beaucoup plus grosses. Un autre problème majeur, c’est le fait que ces projets pourraient être implantés sur les meilleures terres du Québec, il y a donc un conflit d’usage évident entre les terres agricoles et les habitations, sans parler des nuisances sonores. Enfin, nous estimons que c’est Hydro-Québec qui devrait posséder le parc des éoliennes et non des acteurs économiques étrangers. Il y a un vrai manque de planification démocratique.

Comment faudrait-il procéder selon vous ?
Il faudrait d’abord estimer de façon plus précise tous les impacts que l’implantation de toutes ces nouvelles centrales éoliennes peuvent engendrer. Cela permettrait de choisir les solutions les plus adaptées et les meilleurs emplacements. Malheureusement, il n’y a aucune discussion entre Hydro-Québec, les autres ministères, ni les organisations de la société civile qui étudient la question de la transition énergétique. Nous sommes très lucides, les entreprises privées ne se préoccupent pas des impacts sociaux ou gouvernementaux, elles sont là avant tout pour maximiser les profits.

Quels autres problèmes votre collectif a-t-il identifié ?
Une des aberrations du développement éolien par le privé, c’est que d’une part on est obligé d’acheter de l’électricité de source éolienne à un prix exorbitant, trois fois plus chers que celle de nos barrages et que d’autre part on doit légalement acheter toute leur production ! Et c’est vrai même si l’on n’a pas besoin de cette électricité. Cela arrive principalement au printemps et à l’automne lorsque les journées sont chaudes, qu’on ne chauffe pas, mais qu’il vente beaucoup. On se retrouve alors avec un surplus d’électricité qui est par ailleurs invendable à nos voisins américains qui n’ont pas plus besoin d’énergie supplémentaire que nous!

Quelle stratégie avez-vous choisi d’adopter ?
La première étape serait d’obtenir le moratoire que l’on demande depuis plus d’un an. Dans un second temps, il faudrait que l’on ait un vrai débat public sur l’énergie au Québec. Faire financer une production énergétique supplémentaire par la société québécoise mais pour un développement industriel qui enrichit des multinationales et qui fait sortir les capitaux du Québec, on n’en veut pas. Il faut établir des règles claires, faire des choix judicieux et ne plus gaspiller l’argent dans des projets comme Northvolt (NDLR: Le projet Northvolt s’est effondré après que le gouvernement a investi des centaines de millions dans une usine de batteries qui n’a jamais vu le jour, entraînant une perte financière massive, des conflits sociaux et environnementaux). Notre énergie est précieuse, notre territoire également. Et si l’on doit faire des compromis et sacrifier des espaces naturels pour produire de l’électricité, il serait important de garantir que l’énergie produite servira vraiment la transition socio-écologique que nous devons entamer le plus rapidement possible. Il est important que cette transition soit au service du bien commun et non pas d’intérêts privés.

Y a-t-il débat sur la nécessité d’installer de nouvelles éoliennes ?
Oui, la réponse n’est pas du tout tranchée. Pour Martine Ouellet de Climat Québec par exemple, il est possible d’opérer une transition énergétique sans nouveaux apports en électricité, en misant sur l’efficacité énergétique au niveau industriel entre autres et en brisant les contrats de vente aux États-Unis. Mais pour certains spécialistes du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ) il serait en revanche nécessaire d’implanter de nouvelles éoliennes.

Il existe un vrai débat sur la décarbonation, sur l’impact réel ou supposé du réchauffement climatique anthropique. Quelle est la position du RVÉQ sur ce sujet ?
Le RVQ ne remet pas en cause l’existence d’une crise climatique, ni les effets des gaz à effet de serre sur le climat. Nous estimons qu’une transition est nécessaire et que l’on ne peut pas continuer au rythme actuel en ce qui concerne l’exploitation des ressources naturelles sans détruire la planète. Les mines d’extraction des métaux, la pollution liée à nos déchets font partie des enjeux. On doit donc repenser notre mode de vie pour plus de sobriété. Cela dit, nous remarquons aussi que certains joueurs instrumentalisent littéralement la crise climatique. Il y a des projets de captation du carbone par exemple qui sont de vraies aberrations !

Concrètement, quelles sont les actions que vous mettez en place ?
Je vous donne l’exemple de mon comité citoyen dans Nicolet-Yamaska : nous avons d’abord organisé des séances de visionnage de documentaires pour s’informer au début de lutte citoyenne. Nous avons fait du porte-à-porte pour informer et faire signer des pétitions : au total, nous avons recueilli plusieurs milliers de signatures. On mobilise aussi les gens sur le terrain, on a par exemple organisé une chaîne humaine de 200 mètres de long pour montrer concrètement ce qu'est une éolienne de 200 mètres de hauteur.

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Maintenant, nous tenons régulièrement des réunions d’information dépassant les 125 personnes. Nous utilisons les réseaux sociaux, notre page Facebook pour communiquer. Nous l'utilisons pour communiquer ainsi que notre site web sur lequel on tient entre autres un blogue et une revue de presse des articles les plus importants en lien avec notre cause.  

Petit à petit, nous créons un véritable réseau de citoyens conscientisés. Nous utilisons aussi la presse locale pour alerter. Nous avons parfois la collaboration des municipalités pour publier nos annonces dans leur journal municipal alors que d’autres refusent de transemettre l’information à leurs citoyens. Au niveau du RVÉQ, nous avons tenu une conférence de presse en janvier 2025 pour annoncer la naissance d’une coalition de comités éoliens à travers la province. Nous avons également organisé le colloque Repenser l’éolien au Québec en juin 2025 où plusieurs experts indépendants ont fait le tour des enjeux entourant le développement de cette filière chez nous. Nous publierons bientôt notre synthèse des connaissances sur les enjeux éoliens.

Nous poursuivons avec nos premières manifestations provinciales pour exiger un moratoire sur l’éolien, les 21 et 28 mars, jusqu’à ce qu’une analyse des impacts cumulatifs et de la meilleure façon de développer l’éolien sur notre territoire ait lieu à travers un BAPE générique. Une nouvelle conférence de presse demandant la suspension de l’appel d’offres éolien 2026 devrait se tenir d’ici la fin mars en collaboration avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) et le syndicat des travailleurs d’Hydro-Québec.

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Est-ce que cela fonctionne ?
Oui, jusqu’à un certain point. On a mis beaucoup de pression dans de nombreux conseils municipaux et on obtient parfois, comme dans Nicolet-Yamaska, des reports en ce qui concerne le dépôt d’un projets à l’appel d'offres.

Avez-vous de l’aide des médias ?
Pas assez. Il faudrait que les médias s'intéressent plus aux questions liées à l’énergie. On fait face à une réalité très concrète : les petits journaux sont souvent financés par les MRC et cela entraîne des conflits d'intérêts, alors dans certaine région, il n’y a même pas de couverture par les médias locaux. Même désintérêt de la part des journaux nationaux. C’est très difficile d’aller chercher de l’attention d’autant que les gens vivant dans les grandes villes ne sont pas directement concernés, contrairement à ceux qui sont dans des petites municipalités.

Quelle est la prochaine échéance ?
La prochaine date importante est le 8 avril 2026
, on parle d’un projet éolien qui vise à acquérir entre 5 et 10 TWh d’énergie éolienne via un processus de consultation publique et de soumissions. La consultation publique se déroule depuis le 16 décembre 2025 et s’est terminée le 27 février 2026.

Événement à venir : « Moratoire MAINTENANT »

Evenement facebook
Événement Facebook


Êtes-vous confiante pour l’avenir ?
Oui. Même si j’ai bien conscience qu’il y a encore trop de désintérêt de la part de la population pour ce sujet en particulier, et plus largement pour la démocratie municipale. Cela peut s’expliquer par le fait que bien souvent, les décisions les plus importantes sont prises d’avance et que les périodes de questions arrivent après-coup, quand rien ne peut être changé. Il est donc compréhensible que les gens se désintéressent de ces enjeux. Je finirai cependant par une note positive en constatant que, malgré tout, la tendance semble s’inverser et que de plus en plus de citoyens, un peu partout au Québec, commencent à poser des questions, cherchent à s’informer, prennent l’habitude d’aller à leur conseil municipal et s’organisent en comité pour protéger leur territoire et ça, c’est une très bonne chose !

(1)Rapport | Webinaire : Les risques financiers et tarifaires du plan d’action 2035 d’Hydro-Québec

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Du camping sans pollution électromagnétique en Outaouais : un citoyen décide d’ouvrir gratuitement son terrain aux électrosensibles

Du camping sans pollution électromagnétique en Outaouais : un citoyen décide d’ouvrir gratuitement son terrain aux électrosensibles

Faire du camping primitif avec accès à une plage sablonneuse au cœur de la nature québécoise, c’est bien, mais le faire avec le moins d’ondes électromagnétiques possible, c’est encore mieux ! 

Alain Roy, résident de Montcerf-Lytton (Outaouais), compte faire en sorte que des campeurs électrosensibles puissent bientôt séjourner au bord de la rivière de l’Aigle. Ce retraité de l’enseignement a en effet décidé d’aménager une partie de son terrain pour accueillir des campeurs dès cet été. C’est sur les rives de la belle rivière de l’Aigle, bien connue des amateurs de canot-camping, que se trouve cet emplacement protégé des ondes.  

Comment as-tu eu l’idée d’ouvrir ton terrain aux personnes électrosensibles ?
C’est en allant à une réunion du collectif Réinfo-Québec que j’ai rencontré plusieurs personnes souffrant d’électrosensibilité. Après la rencontre, j'ai pensé à mon terrain, où il n'y a presque pas de signal cellulaire. Je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée d’offrir un emplacement pour faire du camping tout en faisant une pause à l’abri de ce qui les affecte. 

Je me suis joint le groupe des électrosensibles du Québec sur Facebook. J’y ai publié un premier message concernant mon idée, et une vingtaine de personnes ont déjà réagi positivement. 

Pourquoi ton terrain est un bon endroit pour les personnes électro-sensibles ?
À cause de sa topographie. Il est situé à l’ouest d’une colline qui bloque les ondes. Les tours les plus proches sont à environ 15 km à vol d’oiseau, du côté de Maniwaki.

Pour bien comprendre la réalité de mon terrain, j’ai investi dans des appareils de détection des champs magnétiques, champs électriques et radiofréquences. Si j’ai pris toutes ces mesures, c’est aussi parce que ça m’intéressait pour ma propre santé.

Plage
La rivière de l’Aigle et sa plage

Quelles ont été tes découvertes ?
Même en milieu rural, il y a des endroits où l’exposition à un champ électromagnétique est extrême, mes mesures le démontrent. Après avoir pris beaucoup de mesures un peu partout sur mon terrain, je me suis rendu compte que la partie de mon terrain qui se situe au bord de la rivière de l’Aigle était une zone où presque aucune onde ne parvient. Des mesures à répétition des radiofréquences ont indiqué qu’il n’y a généralement qu’une fraction de microwatt. Et il n’y a rien qui génère un champ électrique ou magnétique. 

Quels sont les symptômes des personnes électrosensibles ?
Certaines personnes ont des maux de tête, éprouvent des baisses d’énergie, développent de l’anxiété, etc. D’autres ont des difficultés à s’endormir et voient leur sommeil profond perturbé. Les ondes électromagnétiques peuvent engendrer un stress cellulaire qui perturbe le métabolisme du corps.

Quand penses-tu ouvrir ton terrain ?
Ça ne se fera pas avant mai 2026, le temps de faire certains aménagements.

Combien d’emplacements comptes-tu mettre à disposition ?
Pour cette première année, j’envisage d’ouvrir trois emplacements de camping. Un des trois emplacements pourra accueillir deux tentes, et les deux autres une tente chacun. 

Plage 3
Le cadre naturel dont les futurs campeurs profiteront.

Comment se fera l’accès aux emplacements ?
Les gens devront stationner leur véhicule à l’extrémité ouest de mon terrain. À partir de là, il faudra emprunter à pied un sentier d’environ un kilomètre. Je pourrai offrir une certaine assistance pour le transport de matériel, à l’aide d’un VTT.

Quid des réglementations municipales ? Peuvent-elles être un frein ?
Je ne vois pas de contraintes municipales étant donné que je ne ferai qu’inviter un nombre restreint de personnes qui séjourneront ici gratuitement. C’est un peu comme si je recevais des amis chez moi. 

À quelles contraintes dois-tu faire face ?
Je crois que les gens qui voudront venir camper comprendront que je m’expose à une certaine responsabilité civile. Je devrai aussi m’occuper de la partie logistique. 

Quelles seront les consignes pour les campeurs ?
Les consignes seront fondamentalement basées sur trois principes: respect de la propriété privée, respect de l’environnement naturel au sein duquel on trouve des plantes sauvages comestibles et médicinales, respect d’autrui. Par exemple, les campeurs pourront en saison cueillir certains fruits disponibles sur mon terrain pour leur consommation personnelle durant leur séjour, utiliser du bois sec déjà au sol, mais aussi s’engager à ne pas endommager l’endroit par une cueillette excessive ou des gestes destructifs. Les plantes et les animaux de l’endroit doivent être respectés. 

Riviere
Le charme discret de la rivière de l’Aigle

Quel est ton regard sur nos sociétés modernes ?
Je pense qu’il est nécessaire d’opérer une transition vers une société qui prône l’importance de valeurs différentes: respect d’autrui, bienveillance, coopération, suffisance, par exemple. 

Aimerais-tu que ton initiative serve de modèle ? 
Il y a déjà des propriétaires au Québec qui offrent aux campeurs un séjour gratuit. Je n’ajoute que l’absence de champ électromagnétique à une offre qui se fait déjà. Peut-être que d’autres propriétaires qui ont la chance d’avoir des terrains sans pollution électromagnétique seront prêts à offrir du camping gratuit, s’ils ne le font pas déjà ?

Comment peut-on te contacter ?
Par courriel pour un premier contact: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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Le Comptoir St-Vrac à Saint-Adrien : l’épicerie participative qui redéfinit la souveraineté alimentaire locale

Le Comptoir St-Vrac à Saint-Adrien : l’épicerie participative qui redéfinit la souveraineté alimentaire locale

Si le Mouvement localiste du Québec s’intéresse au Comptoir St-Vrac, ce n’est pas uniquement pour mettre un coup de projecteur sur une épicerie de village indépendante très appréciée de ses clients, mais surtout pour présenter un commerce qui incarne à merveille la notion de localisme et qui a réussi à développer un modèle d’affaires à la fois fonctionnel et capable de redonner du pouvoir aux communautés.

Une épicerie régénérative et participative

Fondateurs
Conrad Goulet et Pierre Robichaud, co-fondateurs du Comptoir St-Vrac

C’est en juillet 2019 que Pierre Robichaud et Conrad Goulet lancent officiellement à Saint-Adrien (canton de Ham-Nord) le Comptoir St-Vrac, comme un garde-manger souverain inspiré du Chaînon, un projet de garde-manger communautaire auto-géré qui a suivi Conrad et ses collaborateurs dans les quelques communautés où il a habité.

La régénération est au cœur de la mission du St-Vrac. « On régénère nos relations, notre économie, nos liens, mais aussi notre confiance, explique Pierre Robichaud. On ramène aussi du sens en ayant chaque jour un impact positif sur notre écosystème ».

Et quand l’entrepreneur utilise le terme « écosystème », c’est tout sauf une posture marketing car le fonctionnement de cette épicerie ressemble effectivement à un véritable système vivant et autonome qui redonne un rôle à la communauté. « Au lieu d’être dans une économie extractive des ressources, une économie qui transforme les gens en consommateurs passifs, nous pensons qu’il y a peut-être un autre modèle à trouver au sein duquel le consommateur peut jouer un rôle actif, explique Pierre Robichaud. Dans un système sain, on parle de leadership dynamique dans le sens où la communauté, les clients-adhérents, deviennent des acteurs qui s’impliquent concrètement. »

Une autre singularité de cette épicerie, c’est la notion de confiance. Au St-Vrac, les membres préalablement validés et détenteurs d’une clé RFID d’ouverture du magasin, peuvent ainsi venir faire leur épicerie 24h/24, 7 jours sur 7.

Prônant la responsabilisation et l'implication de leurs membres, les deux co-propriétaires principaux encouragent les gens à mettre la main à la pâte. Plusieurs tâches dans l’épicerie sont en effet accomplies directement par les membres en échange d’un crédit sur leur compte client. « Les membres s’approprient l’épicerie, résume Conrad Goulet. Le but, à long terme, c’est qu’ils deviennent actionnaires du St-Vrac ».

« Nous ne cherchons pas à être “plus gros”, nous cherchons à être plus utiles, plus cohérents, et plus résilients et pour ça nous travaillons de façon décentralisée et essayons de tendre vers un réseau distribué et constitué d’acteurs qui travaillent ensemble », précise Pierre Robichaud.

Du vrac, de la confiance et de l’autonomie

Avec un tel nom, on ne surprendra personne en indiquant qu’on trouve au St-Vrac… des produits en vrac ! « Oui, mais encore, ce n’est pas nouveau, qu’y a-t-il de plus ? » peut-on légitimement se demander ?

Eh bien ce qu’il y a de plus, c’est notamment la façon dont le St-Vrac s’approvisionne : en privilégiant les circuits courts, en faisant des achats groupés et en entretenant le dialogue et des relations directes avec les producteurs locaux qui sont notamment accompagnés pour faire une transition vers le zéro déchet. Notons au passage que l’équipe du St-Vrac développe ses propres outils comme sa plateforme transactionnelle et sa propre monnaie.

Achats

Le Saint-Dollar, une monnaie communautaire

Pour payer, plusieurs options sont offertes aux clients. Le dollar canadien est évidemment accepté, mais il est aussi possible d’utiliser le Saint-Dollar, une monnaie interne au Comptoir St-Vrac (pairée à la devise canadienne). « C’est une façon concrète de ne pas donner 3% des transactions à des acteurs comme Visa ou Mastercard, dit Pierre Robichaud. L’argent reste dans la communauté et reconnecte concrètement la communauté à son pouvoir alimentaire. »

Des produits qui font du sens

Les produits que l’on trouve sur les étagères du St-Vrac ne sont pas choisis par hasard. « On fonctionne toujours en partant des besoins exprimés par nos membres clients, en privilégiant l’accessibilité au produit, continue Pierre Robichaud. Les produits sont donc ajoutés en fonction des demandes des clients. Quand il y a assez de demandes, on essaye de trouver ces produits. »

Et quand vient le temps de trouver les produits, la notion de localisme prend tout son sens. Au-delà de la qualité des items proposés, leur provenance est primordiale. « On ne se définit pas comme une épicerie santé et biologique, dit l'entrepreneur. Même si la plupart des produits sont en effet bio, ce qui nous préoccupe avant tout, c’est d’être à l’écoute des producteurs et de faire les choix les plus cohérents en fonction de nos valeurs ainsi que des besoins de la communauté. »

Concrètement, le St-Vrac favorise les petits producteurs et refuse les ententes d’exclusivité. « Malheureusement, beaucoup de petits producteurs ont fermé à cause de ces ententes d’exclusivité car ils perdaient de la résilience, lance Pierre Robichaud. C’est ce qu’on appelle la désintermédiation. En supprimant les intermédiaires, la valeur ajoutée se retrouve au niveau local et est donc bénéfique pour le producteur. »

Ne vous étonnez donc pas de trouver au St-Vrac du tofu en provenance de Sherbrooke, des produits non-alimentaires (pâte à dents, shampooings, savons) venus des villages voisins et des vins et cidres bio sélectionnés par un des membres, sommelier de son état. Tout au long de l’année, les membres peuvent participer à des activités de groupe comme la production de kimchi, des soirées thématiques, ou des célébrations du terroir organisées en collaboration avec d’autres organisations locales.

Courge

Traçabilité et transparence

Un autre enjeu de l’épicerie est de proposer à ses clients une transparence totale de la chaîne alimentaire. On trouve ainsi sur chaque produit, quand cela est possible, toutes les informations concernant le distributeur, l’importateur ou encore le producteur. « On ne pourra jamais être 100% local, mais on peut au moins afficher le maximum de traçabilité et de transparence », explique le co-propriétaire du St-Vrac.

De nombreux produits sortent de la cuisine participative du St-Vrac et là encore, la transparence est appréciée des membres qui peuvent connaître précisément la provenance des ingrédients et même des semences utilisées dans les différentes préparations.

Palette

Un modèle participatif à l’écoute de sa communauté

Depuis que le St-Vrac a ouvert ses portes, il y a une véritable dynamique de groupe qui s’est créée au village. « Nous prônons un modèle participatif via des rencontres et des ateliers de travail qu’on organise régulièrement afin que les gens s’expriment et agissent comme co-créateurs, déclare Pierre Robichaud. Je crois en l’intelligence collective et à un modèle qui permette de redonner le pouvoir aux gens ».

Bien plus qu’un commerce alimentaire, le St-Vrac est selon lui une forme d’action politique. « Il faut prendre conscience que les choix alimentaires que l’on fait ont un impact économique très concret. Nous sommes donc tous de potentiels acteurs de changement. »

Remettre le terroir au milieu de l’assiette

Pour Pierre Robichaud, travailler avec les producteurs locaux, c’est aborder la question du terroir, une notion qui a évolué avec le temps et dont le sens originel a quelque peu été détourné. « Je suis tanné que la cuisine du terroir soit associée à quelque chose d’élitiste », résume le co-propriétaire de l’épicerie.

Le terroir, c’est redécouvrir des produits locaux et cela comprend les produits les plus simples, voire les moins usités ! Pierre et plusieurs membres de l’épicerie partent ainsi régulièrement faire de la cueillette sauvage. Parmi les herbes récoltées, il y a l’ortie, cette plante qui n’a pas forcément bonne presse auprès du grand public. « C’est une plante qui est très bonne pour la santé, qui est très abordable et qui peut être utilisée de nombreuses façons et pas uniquement dans les soupes », précise Pierre Robichaud.

Si vous allez un jour au St-Vrac, regardez du côté des produits maison, vous trouverez peut-être une quiche aux orties fraîches, 100 % locales ! « On a perdu notre gros bon sens en chemin ! Alors on a décidé de s’arrêter et de revenir cinq pas en arrière pour reprendre ce gros bon sens », conclut l’entrepreneur-cueilleur.

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Une source d’inspiration pour les autres villages ?

Un des objectifs du St-Vrac est de pouvoir répliquer son modèle dans d’autres villages. L’équipe s’est d’ailleurs faite engager par la municipalité de Martinville, dans la MRC de Coaticook, afin de réaliser une étude de marché. « Je suis confiant que ce modèle peut être reproduit ailleurs », indique Pierre Robichaud.

Ce service d’accompagnement sur mesure dont bénéficie Martinville fait partie des projets de développement du St-Vrac. Aider les autres municipalités à transformer leurs besoins locaux en services d’approvisionnement concrets, viables et durables fait partie de l’ADN de l’entreprise.

On soulignera également l’initiative « Oasis du Castor », un système de points de chute communautaires.

Évoquons enfin le volet
« Distribution coureur des terroirs » qui a pour double objectif « d’accélérer la commercialisation des produits régionaux (visibilité, présence, accès aux acheteurs) et de soutenir le développement des entreprises (stabilité des volumes, simplification des opérations, diminution de la friction logistique). »

Jour après jour, Pierre Robichaud, Conrad Goulet et la demi-douzaine d’employés du St-Vrac travaillent à l’élaboration d’un nouveau paradigme alimentaire qui repose, entre autres, sur un système de routes inter-terroir.

Alors qui sait, peut-être l’équipe du St-Vrac viendra-t-elle prochainement dans VOTRE épicerie locale pour l’aider à faire sa mue et à mettre dans le panier de ses clients du gros bon sens alimentaire…

Photos : © Comptoir St-Vrac

Comptoir St-Vrac
Comptoirstvrac.com
1610B, rue principale
Saint-Adrien QC J0A 1C0
Téléphone : 819-200-9386
Heures d'ouverture : jeudi et vendredi : 10h à 17h et 24 h/24, 7 j/7 pour les membres.

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Barbara Boutet ou le réveil de l'engagement citoyen à Saint-Alexis-des-Monts

Barbara Boutet ou le réveil de l'engagement citoyen à Saint-Alexis-des-Monts

Il y a ceux qui parlent d’engagement citoyen et il y a ceux qui le mettent en pratique. Barbara Boutet est une dynamique résidente de Saint-Alexis-des-Monts en Mauricie qui fait sans aucun doute partie de la seconde catégorie.

C’est à l’occasion de la campagne municipale de 2025, qu’elle décida de rentrer dans l'arène politique et de briguer un siège au conseil municipal. Elle était déterminée à aider concrètement sa municipalité face à plusieurs constats qu’elle avait identifiés, dont l’un d’eux était le manque de participation citoyenne.

Elle lança plusieurs initiatives et l’une d’elle fut (avec la participation de d’autres citoyens engagés) la création d’un groupe Facebook : Citoyens avertis de St-Alexis.

Le groupe a été créé pour être un espace numérique d’échanges pour les Alexismontois afin de favoriser la participation citoyenne, le partage d'information ainsi que pour faire de la sensibilisation sur des enjeux locaux. Malheureusement, Barbara Boutet n’a pas été élue au poste de conseillère, mais le groupe Citoyens avertis de St-Alexis est toujours là.

Le Mouvement Localiste du Québec a décidé de donner la parole à cette citoyenne engagée. Elle incarne à travers son engagement et ses actions, la représentation locale de ce que représente la participation citoyenne.

Barbara 2
Barbara Boutet

Quelle a été la source première de votre motivation pour vous présenter aux élections municipales ?

J’ai constaté le départ de plusieurs personnes et d’entreprises de St-Alexis ainsi que le manque de logements pour les familles et les aînés. J’avais commencé à assister aux séances du conseil depuis un certain temps, pour mieux comprendre ce qui se passait. J’avais commencé à suivre certains dossiers et j’étais l’une des rares à poser des questions en période de questions et même à faire des propositions. C’est en participant aux séances que j’ai mieux compris les enjeux locaux. Il faut être informé pour comprendre ce qui se passe dans sa communauté.

Était-ce votre première expérience politique ? 

Oui, première candidature officielle. J’ai réalisé que les bonnes idées, la bonne volonté et le désir d’aider ne suffisent pas en politique. Je ne savais pas que sans avoir toute une organisation à l’arrière, je n’avais aucune chance. J’ai tenté de montrer à ma communauté, ce que je pouvais apporter en participant activement à la campagne grâce à ma page Facebook de campagne : Barbara Boutet - Candidate au siège 2 à St-Alexis. 

J’ai également essayé des choses que personne n’avait jamais fait ici, comme:

- Les rencontres pré-conseil. 

- Des résumés des séances. 

- Déposition de trois propositions lors de la séance du conseil du 4 août : 

St Alexis
St-Alexis-des-Monts. Photo.

Quelques mois plus tard, quel bilan tirez-vous de cette expérience ? (positif/négatif) 

Positif : Même si je n’ai pas été élue, j’ai reçu de très beaux commentaires de la part de femmes politiciennes, de candidats élus ou non d’ici et de d’autres municipalités qui m’ont confirmé que j’avais réalisé une très belle campagne, malgré les difficultés rencontrées.

J’ai ouvert des discussions sur des sujets tabous pour sensibiliser sur de tristes réalités de notre municipalité, comme l’itinérance. 

J’ai aussi voulu donner un coup de pouce à la Maison des jeunes au bout du monde de St-Alexis en lançant un appel à l’aide pour souligner qu’elle doit fermer ponctuellement faute de financement.

Le groupe Facebook Citoyens avertis de St-Alexis a également été créé lors de la campagne pour favoriser la participation citoyenne, partager l’information et servir de canal de communication.

Aujourd’hui, nous sommes trois administrateurs et nous avons récemment atteint plus de 500 membres.

Le groupe est destiné principalement aux Alexismontois qui ont à cœur leur milieu de vie. On y partage des informations, dans le respect, sur ce qui se passe dans la communauté, l’environnement, les décisions locales, les projets communautaires et les enjeux quotidiens. 

L’intention est d’informer et de contribuer à une communauté plus vivante, basé sur le respect et l’équilibre humain/nature/communauté et sur la volonté de faire le bien commun. La campagne m’a également permis de rencontrer de nouveaux amis et alliés, d’ici et de d’autres municipalités : des personnes motivées, pleines d’idées, animées du même désir d’aider leur communauté. Nous nous inspirons mutuellement, partageons nos succès et nous sommes restés en contact. 

Négatif : J’ai observé une certaine apathie jumelée à une incompréhension de la politique municipale. La campagne électorale m’a permis de savoir quels chemins emprunter et lesquels éviter. Je concentre maintenant mon énergie et mes idées là où je sais que les choses vont avancer.

Quelles ont été les choses qui vous ont le plus surprises (dans le bon ou le mauvais sens) ? 

Positif : Les nouveaux alliés rencontrés – des citoyens et des candidats (d’ici et d’ailleurs) qui partagent le même désir de justice et d’aider réellement leur communauté. Même si les élections sont passées, nous avons gardé contact, car nous sommes des gens d’action, , près des gens, qui partageons les mêmes valeurs et désirant être informés et partager l’information.

Un autre bon coup de la campagne a été la promotion d’entreprises locales, qui a réussi à leur apporter davantage de clients.

Aujourd’hui, je réalise que ma campagne aura servi davantage à aider concrètement la communauté plutôt qu’aux élections elles-mêmes. 

Négatif : J’ai constaté une hésitation marquée aux nouvelles idées et nouvelles façons de faire. 

Également, je ne peux passer sous silence l’intimidation vécue.


Vous avez évoqué un désintérêt pour la politique municipale. À quoi attribuez-vous ce désintérêt ? 

Au sentiment d’impuissance, au manque de transparence, d’information et de compréhension.

Est-il selon vous propre à votre municipalité ou est-ce un symptôme plus général qui se vérifie à l’échelle de la province ?

Je crois que cette apathie est généralisée au Québec. 

Si vous aviez été élue, quelles auraient été vos trois propositions phares à appliquer en priorité ?

Voici les idées que je voulais apporter pour aider ma municipalité: 

  1. Le logement : Il faut urgemment développer des logements abordables (HLM ou coop 1 étage). J’avais même proposé des plans d’actions en août 2025 au précédent conseil pour lutter contre la crise du logement et l’itinérance.

  2. Dynamiser l’économie locale : avoir de vrais incitatifs avec des congés de taxes, comme l’abolition de la taxe de bienvenue pour les jeunes familles. Le Québec est surtaxé – les gens ne peuvent plus payer. Un agent de développement économique est également nécessaire. 

  3. Le citoyen d’abord : modifier la réglementation pour favoriser le dialogue, diffuser les séances en direct (comme Louiseville), créer un agent de relations citoyens (comme St-Raymond) et poursuivre les rencontres pré-conseil pour être à l’écoute des citoyens.

Vous pouvez voir la présentation de mes priorités réalisée lors de la campagne électorale.

Dans un monde idéal, si vous aviez une baguette magique, que feriez-vous pour améliorer les choses au niveau municipal ?

  • Je recentrerais le citoyen au cœur des priorités
  • Je mettrais en place des budgets participatifs obligatoires
  • Droit de véto citoyen sur les gros projets
  • Un soutien prioritaire serait accordé aux entreprises et initiatives locales
  • Il y aurait la diffusion en ligne des séances du conseil
  • Ce serait tolérance zéro à l’intimidation pour tous les candidats élus ou non. 

Si des gens de d’autres municipalités veulent s’inspirer de ce que vous avez fait et de ce que vous faites, comment peut-on établir le lien ? La création d’un réseau de bonnes volontés municipales à l’échelle de la Province est-elle désirable ? Et si oui, comment y parvenir ? 

Je ne sais pas à l’échelle provinciale, mais ici à Saint-Alexis, le groupe Facebook Citoyens avertis de St-Alexis a été créé pour encourager la participation citoyenne. 

C’est un canal de communication pour favoriser le dialogue local, le partage d’informations et d’opinions entre citoyens et qui encourage les nouvelles idées dans le but d’améliorer notre communauté. 

Le groupe est ouvert à tous ceux qui s’intéressent à ce qui se passe à Saint-Alexis-des-Monts et qui veulent s’informer, se garder en contact, participer positivement ou simplement s’inspirer.

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Ste-Émélie-de-l’Énergie : quand un village québécois tente de remettre l’Humain au cœur de la politique municipale

Ste-Émélie-de-l’Énergie : quand un village québécois tente de remettre l’Humain au cœur de la politique municipale

« Si tu ne t’intéresses pas à la politique, la politique s’intéressera à toi ! ». Il semble bien que cet adage populaire en forme de mise en garde soit de plus en plus d’actualité.

Crise après crise, gabegie municipale après gabegie municipale, scandale après scandale, l'intérêt des citoyens envers la chose politique s'est effrité au fil des ans.

Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Il est en effet nécessaire de distinguer la Politique « politicienne » avec un grand « P » de la politique à hauteur de citoyen : la politique municipale.

Bien loin des idéologies politiques inhérentes aux partis officiels, qui se retrouvent bien souvent de facto déconnectés du réel auquel sont confrontés leurs électeurs, il y a des hommes et des femmes qui adoptent une position plus pragmatique en s’impliquant concrètement dans la politique de leur municipalité. Un des exemples de cet engagement est incarné par Jonathan Guay.

Conscient que la politique municipale était l’affaire de tous, il décide à l’occasion des élections municipales québécoises de « réveiller l’esprit de village » en lançant le mouvement Renouveau Citoyen (septembre 2025). Il s’engage pour cela dans la course à la mairie de Ste-Émélie-de-l’Énergie, un village de Lanaudière de moins de 2 000 habitants dans lequelle il réside depuis plus de 15 ans.

Saut dans les airs

« Je me suis présenté à l’élection car j’ai senti qu’on était mûrs pour un renouveau en ce qui concerne notre citoyenneté, dit Jonathan Guay. J’ai voulu impliquer les gens de mon village pour qu’ils voient au-delà des institutions politiques. J’ai essayé d’être une sorte d’étincelle, de déclencheur pour qu’on puisse enfin remettre l’Humain en avant ».

Les six principes fondateurs de ce mouvement citoyen sont à découvrir dans le programme ci-dessous.

6 principes

Plusieurs objectifs concrets alimentent ce mouvement : « La démarche du Renouveau citoyen, c’est impliquer davantage la population dans la vie municipale, au-delà du simple vote aux élections. L’objectif est de créer un espace où les citoyens peuvent mieux comprendre les décisions publiques, contribuer aux réflexions collectives et proposer des solutions adaptées aux besoins réels du village. »

Jonathan parle sans ambage du caractère amorphe qu’on observe parfois au Québec en matière d’engagement politique. « Je ne veux pointer personne du doigt, mais je constate que nous sommes tous plus ou moins pris dans nos vies, dans nos préoccupations individuelles et que nous sommes parfois carrément en mode survie ».

Au cours de notre entrevue, Jonathan insistera sur une distinction linguistique qui est tout sauf superficielle. Selon lui, il est important de distinguer Ste-Émélie-de-l’Énergie la municipalité, qui est une entité purement administrative, de Ste-Émélie-de-l’Énergie, un village qui est constitué d’humains.

Groupe

La notion de subsidiarité, chère au MLQ, irrigue tout le mouvement Renouveau citoyen:

Subsi

À ses heures loin d’être perdues, le jeune entrepreneur autodidacte utilise sa chaîne YouTube pour mettre en lumière des initiatives locales comme Le Comptoir St-Vrac à St-Adrien, pour donner la parole à des habitants (des personnages haut en couleurs) de son village, comme Baba ou pour partager ses compositions musicales originales.

Jonathan n’a pas été élu maire en 2025, mais il n’a pas abandonné son engagement citoyen pour autant et sa page Facebook, toujours active, témoigne de cette volonté de continuer le travail.

« J’apprécie les communautés qui se prennent en main et qui s’autodéterminent, dit-il. Je vois bien que dans beaucoup de villages québécois il y a une perte de la convivialité, une certaine forme de déshumanisation même. »

Une autre notion qui reviendra souvent dans la bouche de Jonathan au cours de notre entretien est celle de la décentralisation. « Nous constatons que nos institutions font souvent défaut et qu’il est donc nécessaire que l’on reprenne nos responsabilités au niveau individuel et pour cela il faut un réseau humain, décentralisé au sein duquel la confiance prend tout son sens. Je crois qu’il est possible d’arriver à créer des cercles de réflexion entre plusieurs municipalités et de créer un véritable réseau décentralisé de gens qui se connaissent, qui partagent les mêmes valeurs et qui finissent par former un maillage social. Mais pour cela, la confiance doit être de mise ».

Le jeune entrepreneur originaire de Lévis ne se berce pas d’illusions et a bien conscience que pour le moment, il ne fait que planter quelques graines. « J’aimerais beaucoup que l'initiative Renouveau Citoyen de Ste-Émélie-de-l’Énergie inspire d’autres municipalités, de façon spontanée, à aller dans ce sens ».

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Abus municipaux, décisions absurdes : votre ville aussi ?

Abus municipaux, décisions absurdes : votre ville aussi ?

Réglementations abusives, infrastructures non entretenues, décisions budgétaires opaques ou ubuesques, la gestion municipale laisse parfois à désirer et c’est une réalité qui nous concerne tous. 

Nous vous présentons ici deux exemples concrets dans la ville de Québec, mais il en existe évidemment dans beaucoup de municipalités québécoises. Ainsi, si vous vivez une situation similaire dans votre ville, n'hésitez pas à nous contacter via le formulaire ou à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ce sont souvent de simples gestes citoyens qui permettent de faire émerger la vérité, d’alerter les médias et de forcer les élus à rendre des comptes, autrement dit, à bien faire leur job.

La Ville de Québec is watching you!

Feu quebec

« Les résidents de Québec ont dû s’abstenir d’utiliser leurs poêles à bois, foyers et fournaises pendant 41 heures, entre les 27 et 29 décembre derniers, car les modèles de prévision de la qualité de l’air utilisés par la Municipalité prédisaient un épisode de smog.» nous apprenait le Journal de Montréal (JDM) dans un article daté du 6 janvier 2026.

Et pour être bien certain que d’irresponsables citoyens souhaitant se faire une soirée bûche-à-bûche ne contreviennent pas à cette injonction municipale, la Ville de Québec a envoyé sur le terrain ses agents, munis de caméras thermiques. Ah, quand la technologie se met au service du citoyen… Concrètement, dans un langage cru : les habitants de Québec se sont fait fliquer. 

« C'est une intrusion dans la vie privée qui dépasse l'entendement. On a émis 66 avertissements pour le moment. Pas d'amendes encore, mais on pourrait éventuellement passer aux amendes parce que c'est prévu par le règlement municipal », a récemment expliqué l'animatrice radio au 99,5 FM Montréal Jacinthe-Eve Arel au micro de Benoît Dutrizac sur Qub. 

L’escalier de tous les dangers

Escalier

Photo : pilulerouge.ca

À Québec toujours, l’escalier du Faubourg fait beaucoup parler de lui. « Grâce à une vidéo soumise par des citoyens, il est devenu évident que cet escalier souffre d’un manque d’entretien important, mettant potentiellement en danger ses usagers », écrit le média Pilule rouge.

Grâce à cette initiative citoyenne, le journal Le Soleil a produit un article sur le sujet. On appréciera le titre de cet article en forme de question, une question que tout résident de la Ville de Québec devrait d’ailleurs légitimement se poser : Escalier du Faubourg: « à quoi sert notre argent? »

Redevenir des citoyens concernés

La politique « politicienne », les jeux de partis et les promesses électorales non tenues peuvent avoir un effet très concret et très malsain : provoquer le désintérêt total ou partiel des citoyens. 

Pourtant, la politique nous concerne tous, même les dépolitisés d'entre-nous. La politique, c’est en effet avant tout la gestion de nos villes au quotidien. C'est l’entretien des infrastructures que nous utilisons (comme l’escalier de la mort du Faubourg), et ce genre de choses concernent TOUS les habitants. 

Nous avons donc tous un intérêt évident à regarder de près la façon dont notre municipalité va utiliser l’argent de nos impôts. Observer le caractère abusif ou non des mesures qu’elle met en place et qui auront une incidence directe sur notre quotidien. 

« Ça prendrait du monde impliqué à faire sortir les incohérences et les dérives, dans chacune de nos municipalités, pour poser des questions directes aux élus et aux administrateurs sur les intentions, les intérêts, l'acceptabilité et la légitimité de telles mesures auprès des citoyens », dit Julimaude, membre de l’Agora du Mouvement localiste du Québec.

Le Mouvement localiste du Québec, c'est quoi ?

Le Mouvement Localiste du Québec est un mouvement citoyen non partisan qui encourage les citoyens à s’impliquer à nouveau au sein des structures municipales, à s’intéresser de plus près aux choix que fait leur ville.

À l'instar de Québec, certaines municipalités ont malheureusement parfois tendance à être complètement déconnectées de la réalité du terrain et à ne pas dépenser l’argent des contribuables de la façon la plus optimale dirons-nous.

Mais ce n’est pas une fatalité, loin de là. Des petits gestes comme prendre une vidéo d’un escalier dangereux et la diffuser sur les réseaux sociaux suffisent pour avoir un impact concret. Plus simplement, vous pouvez posez des questions à vos élus ou assister aux conseils municipaux de votre ville et passer du statut de citoyen qui subit à celui de citoyen concerné et lucide. Comme on dit, si tu ne t'intéresses pas à la politique, la politique s'intéressera à toi. Ajoutons qu'elle n'hésitera pas à le faire.

Les objectifs du Mouvement localiste du Québec :

  • Que les citoyens reprennent leur pouvoir au niveau local.
  • Encourager l’action collective et la démocratie participative.
  • Exiger des municipalités transparence et imputabilité.
  • Soutenir l’autonomie alimentaire.

On vous attend à Localisme.ca !

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Constitution du Québec sans référendum : la contestation s’organise

Constitution du Québec sans référendum : la contestation s’organise

Le 9 octobre 2025, un projet de loi constitutionnelle signé par le ministre de la Justice du Québec Simon Jolin-Barrette a été présenté à l’Assemblée nationale. 

Selon le gouvernement, ce projet de loi « vise à assurer la protection de la nation québécoise, ses valeurs et ses droits collectifs.»

Depuis son dépôt, de nombreuses voix se sont élevées. Une pétition a été lancée, celle-ci recueille au moment de la rédaction de cet article 2 440 signatures. La date limite pour la signer est le 26 février 2026.

Le texte de cette pétition indique notamment que

  • Le gouvernement a dévoilé le projet de loi constitutionnelle « sans mandat électoral et sans consultation citoyenne préalable »

  • « Tous les partis d’opposition ont rejeté ce projet de loi dès son dépôt à l’Assemblée nationale, geste rare et révélateur de son absence de légitimité »

  • « Le Barreau du Québec a dénoncé publiquement l’érosion des contre-pouvoirs et les risques sérieux pour l’État de droit que comporte, entre autres, ce projet de loi »; 

Lisez ici l'article Le projet de constitution soulève des enjeux juridiques fondamentaux émis par le Barreau du Québec.

Aux avant-postes des contestataires, on trouve L’Alliance pour une constituante citoyenne du Québec (ACCQ), une entité qui se donne comme mission de « Promouvoir, de préparer et de provoquer la convocation d’une Assemblée constituante citoyenne non partisane, totalement libre dans ses délibérations, ayant comme mandat la rédaction d’une Constitution par et pour le peuple ».

Citation

Le 24 novembre 2025, l’ACCQ a mis en ligne un mémoire de 20 pages qui détaille les critiques faites au projet de loi qui est qualifié d '« inacceptable et illégitime »

Dans ce document, l’Alliance fait le distingo entre les notions de légalité et de légitimité et précise que si « le gouvernement du Québec peut légalement présenter un projet de loi constitutionnelle de portée provinciale, il ne s'appuie sur aucune légitimité pour ce faire.» 

Ainsi, l’ACCQ se dresse-t-il contre un processus qui se soustrait à la volonté du peuple québécois, seul souverain.

« Il est difficile de convenir qu'un gouvernement, aussi populaire soit-il, puisse adopter une “ constitution ”, cette Loi fondamentale, sans que la population n'ait disposé du temps nécessaire pour en comprendre la portée, n'ait participé aux débats et soit appelé, par voie référendaire, à l'entériner.»

L’article 5 du manifeste de l'ACCQ rappelle que « Le peuple québécois ne s’est jamais prononcé sur ce qui lui sert de constitution, aussi bien au Québec qu’au Canada. » 

Autre point de frottement pour l’ACCQ, une déclaration de principe qui est condamnée à rester théorique.

« Le projet de loi 1 mentionne que “Le peuple québécois peut, en fait et en droit, disposer de lui-même. “ (Chapitre deuxième, articles 13 et 14). Cependant, aucune disposition ne vient par la suite donner des moyens concrets au peuple québécois pour exercer lui-même sa souveraineté. »

Autre reproche : l’absence d’un réel contre-pouvoir. « Il n'existe aucune mention d'un quelconque contre-pouvoir, de mécanismes de révocation ou autre, qui imposerait l'imputabilité à l'État face au peuple qu'il sert. Par exemple, instituer une chambre citoyenne dans le parlement témoignerait, de la part du gouvernement, d'un intérêt pour une véritable démocratie.»